Ce matin, j’ai vu passer un énième message abstentionniste sur mon mur Facebook. Une illustration qui laisse penser que le vote PS, LR ou FN revient au même : à un acte de suicide. Sous le trait pseudo humoristique du message, se cache une vision grave et une idéologie réelle : celle qui signifie que notre pays ira jusqu’à sa mort, qu’on ait la gauche, la droite ou l’extrême droite au pouvoir. Voici l’image en question :

L'abstancionisme

Le message revient donc à dire « rien à foutre, on verra bien ce qu’il se passe, au pire si c’est le FN qui l’emporte, ça ne pourra pas être pire. Je n’irai pas jusqu’à voter pour eux, mais bon si mes concitoyens les élisent, why not. »

Cette idée peut être consciente et volontaire : dans ce cas là autant aller au bout de son idée, penser comme un citoyen et mettre le bulletin bleu marine dans l’urne. Histoire que les choses soient claires.

En revanche, dans un esprit de rejet de la classe politique, on peut aussi ne pas mesurer le poids de son non-acte et oublier que de ne pas voter revient à faire le jeu du FN. Et dans ce cas là, il vaut mieux réfléchir à deux fois. Car il est assez facile de prendre conscience que le Parti socialiste, le centre et Les Républicains sont heureusement pour la France composés d’hommes bien plus techniciens, chevronnés, réalistes et penseurs que ceux du Front National.

Un peu de positivisme, bordel

Je crois que trop de personnes – de tout âge et de toute catégorie sociale confondue – oublient l’histoire de l’Homme dans sa globalité. Globalité temporelle et géographique.

Si on décide de ne regarder que chez nous, alors il suffit de regarder le passé pour comprendre qu’on a connu pire. On a connu la guerre, il n’y a pas si longtemps. Mais on a aussi connu une époque où une simple petite coupure pouvait vous tuer d’une gangrène. Une époque où le simple fait d’exprimer l’idée que la terre pouvait être éventuellement ronde vous faisait finir sur le bûcher. (Petite dédicace aux partisans du « C’était mieux avant ». Mais c’était mieux avant quoi ? Quand exactement ? Ah non pas si loin ? Mais après quand alors ? Quelle est la fourchette parfaite ? T’as des dates précises ?)

Si on décide de ne pas regarder le passé, alors il suffit de regarder au delà de nos frontières. Conditions climatiques extrêmes, pauvreté, dictatures… Je peux vous garantir qu’à l’échelle du monde, la France est un paradis sur terre. On peut étudier, entreprendre, penser librement, travailler, croire en n’importe quel dieu, profiter d’une des meilleures médecines au monde. Vous voulez quoi de plus, merde ?

Alors non, tout n’est pas rose. Bien entendu qu’il y a des plafonds de verre, de la pression fiscale, des portes et des cercles fermés, des injustices, des magouilles. Il faut se battre pour obtenir ce qu’on veut, c’est aussi la (vraie) vie. Mais entre deux combats, on peut apprécier la vie, apprécier de se lever dans un pays libre, apprécier de bouquiner le livre de son choix, de manger ce que l’on désire, d’exprimer et de partager ses idées à une terrasse de café à haute voix et sans crainte.

Malgré les hauts et les bas que l’on peut connaître, les conditions de vie ici sont bonnes, vous en conviendrez ? Donc aller mettre son petit bulletin dans l’urne, ce n’est pas remercier les élus pour qui on vote. C’est avant tout remercier la vie et la liberté dont on jouit. C’est remercier mais aussi participer à l’histoire de notre pays. C’est mettre une gouttelette d’encre sur le papier qui servira à l’écrire.